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« L’épidémie est terminée ! », « c’est une épidémie sans malades ! », « gare à la deuxième vague ! », « le nombre de cas augmente ! »... Compliqué de s’y retrouver ces dernières semaines, avec une bataille d’idées assez vive sur les plateaux télé, les articles de presse et les communiqués gouvernementaux !

La confusion est poussée à son paroxysme lorsqu’on voit à une heure d’intervalle deux « médecins spécialistes épidémiologistes » se succéder pour dire des choses totalement opposées. Pourtant ils sont tous les deux spécialistes, non ?

La confusion ne paraît pourtant pas la même dans le grand public. Dans ces temps où on choisit vite un camp pour le défendre becs et ongles, on voit s’affronter les précautionneux et les relativistes. Les uns vont dire que les chiffres repartent à la hausse dangereusement et qu’il faut prendre plus de mesures de précaution, les autres vont dire que les chiffres sont grandement inférieurs à ceux d’avril est qu’ils ne redécollent pas franchement, et que l’épidémie est donc terminée. Les invectives fusent alors : « moutons » pour les uns, « complotistes » pour les autres.

Ces débats de haute volée (#ironie…) sont certes très intéressants, mais il est plus intéressant encore de se forger une opinion par soi-même, avec les données accessibles à tous et tout en gardant l’humilité nécessaire lorsqu’on n’est pas dans son domaine de spécialité.

Je vais donc tâcher ici d’accéder au maximum d’informations possibles en ne faisant que manipuler les chiffres officiels sur lesquels se base tout ce petit monde. C’est la seule chose qu’ils ont en commun donc profitons-en.

Avant toute chose, regardons les précautions d’usage à avoir pour ne pas se lancer gaiement dans des erreurs de raisonnement qui nous amèneraient vers des impasses. Le propre de ce virus, c’est qu’il est nouveau, et ça on a tendance à l’oublier. Par conséquent, son portrait-robot est succinct mais néanmoins intéressant :

  • Il a été très virulent en février mars, avec une hausse des cas assez spectaculaire constatée dans de nombreux pays d’Europe et d’Asie. Depuis le déconfinement, il a perdu de sa superbe, et il est difficile de savoir si cela a été causé par les mesures barrières adoptées par la population, par une virulence moindre durant la saison chaude, ou un peu des deux. Nous n’entrerons pas dans ce sujet qui est affaire de spécialistes encore moins d’accord entre eux !
  • Il n’y a pour l’instant pas de traitement permettant de guérir à coup sûr de cette maladie, on doit donc compter sur son système immunitaire et sur des prises en charge de patient qui se sont améliorées depuis le début. On a beaucoup parlé du « protocole Raoult » (à base d’hydroxychloroquine et d'azithromycine) de l'association remdesivir-diltiazem, ou encore de la dexaméthasone. Il y a aussi eu la montée en gamme des anticoagulants. Dur de dire dans le magma de noms d’oiseaux que se donnent les défenseurs de tel ou tel traitement ce qui marche le mieux mais les hôpitaux semblent gérer mieux les patients.

Une fois que ceci est su, il ne faut pas tomber dans des pièges de raisonnement classiques. Par exemple, cette courbe présentée ces derniers temps pourrait faire peur, mais elle n’a strictement aucun sens et ne fait que mélanger des choux et des carottes.

Remontée ? Pas remontée ?

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en février-mars, on a pris cette épidémie de plein fouet, avec peu de préparation et peu de tests disponibles. On a donc testé très peu de monde. La stratégie adoptée post confinement a été axée entre autres sur les tests, pour identifier et isoler les personnes porteuses du virus afin qu’ils ne le transmettent pas à leur tour.

La montée en puissance des tests a donc abouti inévitablement à une hausse des cas identifiés. Certaines personnes estiment que la première vague de cas détectés pourrait être aisément multipliée par 10 pour approcher la réalité. Là encore, tout ceci ne peut être vérifié, mais il est clair qu’avec un déploiement de tests égal, on aurait identifié énormément plus. Cette courbe ne vaut donc rien : poubelle.

Les épistémologistes relativistes ont beaucoup souligné, et à raison, que si l’on veut « mesurer » une pandémie, il faut le faire avec le nombre de morts. Ils ont plutôt raison, mais à un bémol près : les morts arrivent au bout d’un processus qui enchaîne contamination, premiers symptômes, hospitalisation-réanimation, puis décès. Ceci peut prendre jusqu’à un mois, et il y a en tous cas un décalage de quelques semaines, ce que l’on verra par la suite.

Garder les yeux braqués sur les morts, ça peut donc être problématique dans le sens où si on veut piloter une stratégie sanitaire efficace, il faut avoir un indicateur qui donne le plus possible les informations « en temps réel ». Il y a alors deux autres indicateurs très intéressants ; les entrées en hospitalisations et les entrées en réanimations. Sur ce point, je me dois d’être très clair : les hospitalisations (tout court) et les patients en réanimation (tout court) ne sont pas de bons indicateurs, car ils correspondent à un « stock » (désolé pour le terme qui fait un peu « cheptel ») de personnes qui sont entrées dans l’hôpital plusieurs jours avant et qui n’en sont pas encore sortis. Le nombre de gens hospitalisés va donc dépendre de la durée d’hospitalisation, mais va dépendre aussi beaucoup du passé. Si on a subi une grosse vague d’entrées en hospitalisation 21 jours avant (durée moyenne d’hospitalisation), ces gens là vont sortir et faire baisser le « stock », alors que dans le même temps on peut avoir une hausse des entrées, mais qui est surcompensée par les sorties.

Les entrées en hospitalisation et en réanimation sont par contre au bout du processus infection/premiers symptômes/entrée en établissement de santé. Ils représentent à environ deux semaines de décalage les infections précédentes. Voir la fiche de l'Institut Pasteur sur ce virus, qui fait état de 5 jours en moyenne d'incubation (délai entre infection et apparition des premiers symptômes) et d'une semaine entre premiers symptômes et entrées en hôpital, soit 5 + 7 = 12 jours, quasiment une semaine :

https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/maladie-covid-19-nouveau-coronavirus

Bien évidemment, tous les infectés ne sont pas hospitalisés (j’en sais quelque chose car j’ai attrapé ce satané virus), mais étant donné qu’il y a une proportion de x% de la population qui développe des formes graves, s’il y a 100 personnes de plus qui sont infectées, alors x personnes arriveront à l’hôpital.

Et les hospitalisations, ça ne triche pas, elles ne dépendent pas des tests mis à disposition, mais arrivent tout simplement au bout d’un processus qui oblige le patient à aller se faire soigner. Autre avantage : là où le chiffre des morts peut être altéré par de meilleurs soins qu’au début (donc une hospitalisation plus longue et qui peut heureusement parfois aboutir à la rémission), ceux qui arrivent en hôpital n’ont pas eu de traitement modifiant leur durée d’incubation ou d’arrivée de symptômes. Avec une méfiance néanmoins sur les effets saisonniers, où les défenses immunitaires sont meilleures en été.

Bref, nous avons donc ces deux indicateurs que l’on va pouvoir regarder et qui vont être un miroir rétrécissant des infections survenues une à deux semaines avant (les estimations semblent donner deux semaines en moyenne, on va voir par la suite qu’on retrouve cette estimation dans les chiffres). Et bien en voiture Simone ! Quels sont ces chiffres ? On nous les donne tous les jours, ils doivent bien être disponibles quelque part. Et bien figurez vous que oui, mais j’ai sacrément galéré pour les trouver et pour les exploiter. Mais n’étant pas du genre à renoncer, voici la bête :

Un site qui répertorie des tableaux Excel (pardon, des .csv, mais je ne sais pas trop quelle est la différence) avec tout un tas de chiffres dans tous les sens, qui donne les données hospitalières très complètes : entrées en hospitalisation, entrée en réanimation, décès, hospitalisés, patients en réanimation, décès cumulés. Et tout ça avec une répartition par département et par sexe.

Ce que je peux vous dire, c’est que c’est un sacré capharnaüm pour s’y retrouver et accéder à une chose simple : la courbe qui donne le nombre d’entrées en hôpital, le nombre d’entrée en réanimation et le nombre de morts quotidien sur le territoire national. Les données nationales doivent être recalculées alors qu’il y a un empilement de données pour une même date avec tous les départements. Bref, quelques fonctions SOMME.SI() après (très utile !), j’ai pu enfin accéder au graal tant attendu.

Remontée ? Pas remontée ?
Remontée ? Pas remontée ?
Remontée ? Pas remontée ?

Observons tout d’abord ces courbes : elles montrent très clairement la vague de mars-avril qui est passée très nettement, et un plateau depuis mi-juin. Sur les entrées en hospitalisation et réanimation, on croit observer néanmoins une légère remontée sur les dernières semaines, mais difficile à appréhender et surtout sans commune mesure avec les pentes de mars-avril. Fin de partie donc pour les précautionneux ? On enlève les masques ? On fait des partouzes géantes ? Pas si vite, avant de s’amuser un peu on va faire encore un peu de maths.

En effet, le propre de ces courbes, c’est qu’elles sont très fluctuantes, et si on veut mieux observer cette sorte de remontée récente, et surtout si on veut l’exploiter, il va falloir utiliser un outil très simple assez courant en traitement statistique : la moyenne glissante. Qu’est-ce ? C’est tout simplement une moyenne des valeurs autour d’une valeur centrale, ce qui va permettre de gommer les fluctuations aux alentours. Plus la plage va être grande, et plus on va gommer ces fluctuations et saisir les tendances. Par contre, des plages trop grandes risquent d’effacer aussi les tendances de fond. Il faut donc choisir la plage sur laquelle on fait les moyennes de manière précautionneuse.

On voit que les fluctuations ont une période d’environ 5-6 jours. Une plage légèrement plus grande que 5-6 jours permettrait donc de les effacer. Partons sur 7 jours : à une date donnée, on fait la moyenne de la valeur du jour, des valeurs trois jours avant, et des valeurs trois jours après. Voyons ce que ça donne.

Remontée ? Pas remontée ?
Remontée ? Pas remontée ?
Remontée ? Pas remontée ?

C’est mieux non ? On y voit en tous cas plus clair. Et on peut identifier les dates auxquelles les courbes sont remontées. Concernant les entrées en hospitalisation et réanimation, les dates coïncident : le 11 juillet 2020. Pour les décès, la remontée a eu lieu depuis le 7 août 2020 (on observe un décalage assez naturel dans le temps avec les hospitalisations). Mi juillet donc, il y a 7 semaines, les chiffres sont repartis à la hausse à l’hôpital. Une hausse importante ? Oh, pas trop, on est passé de 9 entrées quotidiennes en réanimation à 26 aujourd’hui, et de 73 entrées quotidiennes en hôpital à 155 aujourd’hui. Pour rappel, au sommet du pic (le 31 mars 2020, deux semaines après le début du confinement), on en était à une moyenne de 3778 entrées quotidiennes en hôpital dont 691 en réanimation, soit des chiffres de 24 à 27 fois moindre. Qu’est ce qu’on nous enquiquine !! Fermez le ban, on y va à cette partouze ????

Pas si vite, jeune homme (et jeune femme, il faut bien les deux…), nous n’en avons pas fini avec les mathématiques. Nous allons aborder un point essentiel des épidémies : le taux de reproduction, qu’il ne faut pas confondre avec la hausse des cas.

Qu’est-ce ? Vous en avez sûrement entendu parler, c’est ce fameux « R » un peu obscur et compliqué à mesurer, qui donne le nombre de personnes infectées par une seule personne malade.

Si R = 3, alors une personne infectée aura infecté 3 autres personnes durant la durée de sa contagiosité. On entend souvent des remarques désobligeantes vis-à-vis de ce R, comme quoi il serait « totalement théorique », « déconnecté de la réalité », alors que sa définition est simple et totalement naturelle : le nombre de gens infectés par une seule personne en moyenne. Par contre, et ça c’est plus gênant, il est difficile à calculer. En effet, une personne va être contagieuse plusieurs jours, il va contaminer des personnes à des moments différents, tous ne contamineront pas le même nombre de personnes, etc… Mais tout ceci n’empêche pas d’avoir une approche qualitative permettant de mieux saisir les enjeux.

Comment se passe la contagion ? Les recherches semblent dire qu’un sujet a un temps d’incubation moyen de 5 jours (variable entre les personnes), qu’il commence à être contagieux en moyenne 3 jours avant la fin de sa période d’incubation, et qu’il reste en moyenne contagieux 10 jours (variable entre les personnes). Par conséquent, l’individu va commencer à être contagieux au bout de 5-3 = 2 jours, et il va finir d’être contagieux au bout de 2+10 = 12 jours. Tout ça en moyenne.

Pour faire une estimation grossière, le sujet va « contaminer en moyenne » le jour correspondant au milieu de sa période de contagiosité, soit (2+12)/2 = 7 jours.

En bref, un individu « contaminerait R personne 7 jours après avoir été contaminé ». C’est approché mais pour les besoins de l’exercice, ça suffira largement. Et ça colle assez bien. La communication des autorités sanitaire dit qu’un R de 1,4 double le nombre de nouveaux cas toutes les deux semaines. Or, 1,4 x 1,4 = 1,96, soit presque deux. Car en effet, tout ceci est multiplicatif. Les « 1,4 personnes » qui ont été infectées par l’individu de départ vont à leur tour « chacune infecter 1,4 personnes », donc à la fin 1,4 x 1,4 = 1,96.

Et ça c’est diablement important. Le R correspond à une dynamique de propagation du virus, qui va dépendre de beaucoup de facteurs : comportementaux, saisonniers, culturels, etc… Mais ils sont représentatifs d’un dynamique de circulation du virus. Il montre sa capacité à se multiplier en passant d’un individu à un autre, et il faut comprendre qu'à iso facteurs (comportement de la population, contagiosité naturelle du virus...), ce R va rester peu ou prou le même. Et s’il reste le même, c’est problématique, car l’épidémie est alors exponentielle. Et une exponentielle, au début ça va lentement, et ensuite ça va très vite, alors que le virus a gardé tout du long sa vivacité et sa capacité à infecter d’autres personnes, sans devenir plus virulent dans sa contagiosité.

Illustration : 100 personnes sont infectées, et R = 1,2 pendant 13 semaines (soit trois mois), donc à « iso virulence de propagation du virus ». Voyons ce que ça donne.

Remontée ? Pas remontée ?

On a donc multiplié par plus de 10 le nombre de personnes infectées par semaine au bout de trois mois, ce qui n’est pas la même affaire. Regardons par contre si par une mesure sanitaire prise ou par un effet saisonnier, R était plutôt à 1,1. On a donc gagné semble-t-il peu, juste « 0,1 personne de moins » contaminée par individu.

Remontée ? Pas remontée ?

L’effet est assez important : on a trois fois moins de contaminés au bout des 13 semaines.

Tout l’enjeu dans ces épidémies, c’est que ce R soit inférieur à 1. Et cela, c’est inattaquable, contrairement à ce que veulent faire croire certains. La raison de la baisse de ce R peut être naturelle, liée à une décision sanitaire, liée au fait qu’une grande partie de la population soit immunisée au bout d’un moment, liée à un vaccin, à l’âge du capitaine, mais ce sont des mathématiques qui ne mentent pas. Si R est supérieur à 1, ça se propage et ça monte de plus en plus vite. Si R est inférieur à 1, ça baisse de plus en plus vite.

Tout l’enjeu dans ces épidémies est donc que ce R soit le plus possible proche de 1 (idéalement en dessous car dans ce cas ça baisse) pour que ça ne monte pas trop vite et qu’on n’atteigne pas les capacités maximales d’accueil des hôpitaux. Si R baisse (encore une fois, que ce soit naturel ou pas, qu’on puisse le maîtriser ou pas), c’est mieux pour les capacités d’accueil des hôpitaux.

Une fois qu’on a dit ça, qu’en est-il de notre cher virus qui nous empêche depuis tout à l’heure d’aller festoyer gaiement ? Et bien justement, on va essayer de le savoir, car nous avons des chiffres à notre disposition.

Bien entendu, l’exercice est rendu compliqué par la méconnaissance du nombre réel des contaminés, mais en partant du principe que c’est toujours à peu près la même proportion de gens qui vont se retrouver en hôpital parmi les contaminés d’une semaine sur l’autre, on pourra faire l’approximation que le ratio « nombre d’entrée en réanimation la semaine / nombre d’entrée en réanimation la semaine précédente » est le même que le ratio « contaminés la semaine / nombre de contaminés la semaine précédente », avec un décalage d'environ deux semaines. En vérité il y a de fortes chances que ces deux ratios se soient disjoints au cours du temps, car les tests semblaient montrer une proportion croissante de jeunes (donc peu sujets à risques), et puis tout simplement parce que les plus fragiles partant les premiers, il y a « moins de sujets à risques à contaminer par la suite ». Néanmoins, sur une semaine, cette disjonction entre les ratios ne doit pas être si importante, et au pire cela voudrait dire que le ratio des contaminés serait supérieur au ratio des entrées en hospitalisation, et donc que nous sous-estimerions la dynamique de propagation du virus, qui se fait elle par tous les contaminés, en hôpital ou non.

Bref, passons aux calculs. C’est somme toute assez simple : On somme de 7 en 7 les valeurs pour avoir des données par semaine.

Remontée ? Pas remontée ?
Remontée ? Pas remontée ?

On retrouve les allures des moyennes glissantes (et c’est bien normal).

Retraçons alors le fameux R. Pour cela, on divise le nombre d’entrées en hospitalisation (respectivement réanimation) par le chiffre de la semaine d’avant. On ne pourra évidemment commencer la série qu’une semaine après le début des mesures, vu que ce sont des ratios.

Remontée ? Pas remontée ?
Remontée ? Pas remontée ?

Ce graphe est tout à fait intéressant. La première valeur tout d’abord. 1,40 pour le calcul à partir des entrées en hospitalisation et 1,33 pour le calcul à partir des entrées en réanimation, au début d’avril, au moment du pic. Cela traduisait une dynamique de propagation du virus juste avant le confinement, et donc une virulence assez forte.

Ensuite, le R s’est littéralement effondré (dur de croire au hasard quand même, message à ceux qui disent que les mesures de confinement ne servaient à rien…) autour de 0,6-0,7, ce qui indiquait que le virus se propageait moins. Il est ensuite resté relativement stable jusqu’à mi-juin. Pour rappel, la sortie de confinement s’est faite le 11 mai. Le décalage de deux semaines nous amène jusqu’à fin mai, et il y a eu ensuite 2-3 semaines de maintien. Cette stabilité post confinement peut avoir plusieurs explications : la conservation des gestes barrière, le port des masques en lieu clos, un déconfinement réel assez progressif (beaucoup d’entreprises ont par exemple continué le télétravail, et pour rappel les bars et restaurants ont rouvert le 2 juin, et 2+14 ça fait 16). Il y a eu aussi très probablement un effet saisonnier qui a pris le relais. Il est constaté dans de nombreuses maladies virales. Tout d’abord, les défenses immunitaires sont meilleures durant la saison chaude, et surtout on vit dehors. Et ça c’est très important. Pour le coup, les « deux camps » s’accordent à dire que le virus se propage facilement dans des endroits clos avec fort brassage de populations différentes qui y passent, et un air peu renouvelé où la concentration virale y augmente donc. Or, l’hiver, on a froid, donc on se met en intérieur (chez soi ou dans des bars, restos, etc…), et surtout on n’ouvre pas la fenêtre parce que sinon on a encore froid. Résultat, les virus expirés se concentrent dans la pièce et la probabilité d’en inhaler augmente.

Et depuis mi-juin donc, le R repart à la hausse (et il représente environ la dynamique deux semaines auparavant, n’oublions pas), et il a dépassé 1 vers mi-juillet (donc début juillet en vrai).

On voit là tout le paradoxe d’une épidémie virale : durant le mois de juin, le virus a gagné en virulence de contamination, puisque le R a augmenté, mais comme le R était encore inférieur à 1 le nombre de malades baissait.

Par contre, depuis début juillet, ce R continue d’augmenter et il est supérieur à 1, ce qui veut dire que le nombre de malades augmente. Mais comme le nombre de malades au début de juillet était faible, l’augmentation du nombre de malade (proportionnelle au nombre de malade) est restée relativement faible aussi. C’est l’exemple de tout à l’heure. Avec 100 malades et un R de 1,2, au début, le nombre de malade ne monte que de 120. Mais au bout de 13 semaines, il monte de presque 1 100 !

Ici nous sommes partis au début de juillet avec un R quasiment égal à 1, donc la courbe s’est beaucoup stabilisée. Et nous sommes encore sur une évolution peu importante, sur 6 semaines avec un R qui est passé en gros de 1 à 1,2-1,25.

Est-ce que cela veut dire que tout va monter ? Qu’on va encore augmenter le R de 0,2 toutes les 6 semaines, et bientôt exploser le nombre d’hospitalisations ? Redescendons sur terre deux secondes, car il ne faut pas tomber non plus dans l’excès inverse. Il faut juste faire le point sereinement sur ce qui se passe aujourd’hui : la capacité du virus à se propager n’a cessé d’augmenter depuis début juin, et nous ne pouvons maintenant que parler au conditionnel, en plaquant quelques hypothèses purement mathématiques sans privilégier une seule :

  • Si le taux de reproduction reste ce qu’il est aujourd’hui (prenons 1,2), les entrées en hospitalisation monteront à environ 1660 par jour dans trois mois, ce qui était le chiffre de mi-avril.
  • Si le taux de reproduction continue à monter sur la même tendance (+0,0333 par semaine depuis mi-juin si on regarde la courbe des entrées en réanimation en régression linéaire, +0,0263 par semaine depuis mi-juin si on regarde la courbe des entrées en hospitalisation => coupons la poire en deux et prenons (0,0333+0,0263)/2 = 0,0298, donc 0,03, on va pas chipoter), les entrées en hospitalisation monteront à environ 12 950 par jour dans trois mois, soit un niveau 3,6 fois supérieur au niveau maximal atteint début avril, autant dire que ce sera le grand retour du confinement pour justement cesser cette hausse du R et ne pas exploser les capacités hospitalières.
  • Si le taux de reproduction fait un chemin arrière en baissant de 0,03 par semaine, les entrées en hospitalisation baisseront à 125 par jour dans trois mois après avoir atteint un pic de 265 après 6 semaines.
Remontée ? Pas remontée ?
Remontée ? Pas remontée ?

Quel scénario suggérer ? Difficile de le dire, mais il faut constater que la tendance de ces derniers temps est haussière, pas baissière. Et qu’il faut donc faire ce qui est possible dans un cadre supportable pour que le R baisse. A-t-on une prise sur ce R ? C’est compliqué de répondre à la question là aussi, mais il semble qu’il y ait des marges de manœuvre.

Si le confinement a eu un réel effet sur la propagation (mais il a été très couteux), les autres facteurs d’influence sur le R sont difficiles à appréhender. On peut en citer quelques-uns :

1 - La saisonnalité, liée comme dit auparavant au fait que les gens vivent en intérieur dans des lieux à l’air non renouvelé, ce qui favorise la probabilité d’inhaler le virus. S'il devait avoir un effet, il serait malheureusement haussier avec l'arrivée des jours froids.

2 - Des effets naturels qui nous échappent encore, comme une mutation qui rendrait le virus moins virulent dans sa contagiosité. Petit aparté : des études sembleraient dire que le virus a déjà muté ces derniers mois, mais ça n’aurait aucun impact sur l’évolution future du R, vu que cet effet aurait déjà été intégré au R reconstitué ces dernières semaines. Seule une nouvelle mutation favorable pourrait encore baisser le R.

3 - Le respect des gestes barrière (distance d’un mètre, tousser dans son coude, se laver les mains, ne pas s’embrasser ou se toucher hors du cadre proche).

4 - Le port du masque en lieu clos (son port en milieu ouvert semble n’avoir quasiment aucun effet, sauf peut-être dans des situations très précises comme les marchés bondés les jours où il n’y a pas de vent).

5 - L’approche d’une immunité collective (lorsqu’une population a été infectée en grande partie, elle a développé des anticorps qui empêchent le virus de se développer dans l’organisme, ce qui stoppe sa propagation).  Des cas de re-contagions ont été détectés, mais en petit nombre, ce qui semble dire qu’il y a quand même dans la majeure partie des cas une immunité qui se développe. Il est très difficile d'anticiper cette immunité collective. Il semblerait que 10% de la population française ait été actuellement infectée, et le seuil d'immunité collective peut être de 20% comme il peut être de 99%.

Le gros souci, c’est qu’il est quasiment impossible de dire l’effet de chacun de ces points ni leur évolution future.

Les points 1, 2 et 5 ne sont pas contrôlables et nous devrons vivre avec, mais nous avons encore heureusement la maîtrise des points 3 et 4. C’est sur ces points qu’il faut se concentrer, d’autant plus qu’ils ne sont pas extrêmement coûteux pour l’économie au contraire d’un confinement qui serait absolument désastreux et difficilement supportable. Même en ne sachant pas l’intensité de leur effet sur le R, il faut les maintenir pour se donner toutes les chances dans le cas où on ne constaterait pas une tendance baissière.

D’autres pistes sont à explorer : les restaurants, bars, cinémas et toute autre salle close risquent d’être des foyers de contamination importants lorsque les jours froids reviendront, car l’air n’y sera pas renouvelé suffisamment. Ce serait peut-être le moment pour les autorités de développer une nouvelle norme sanitaire pour ces lieux, basée sur la capacité à renouveler efficacement l’air dans toutes les zones.

Le souci, c’est qu’en hiver, faire sortir de l’air chaud et faire rentrer de l’air froid revient à rendre la pièce trop froide, ce qui tuera leur attractivité et aura donc le même effet qu’un confinement. Par conséquent, ils pourraient être tentés de réchauffer l’air entrant, mais ce qui serait coûteux en énergie. Constat peu reluisant à l’heure où il faut essayer de diminuer notre facture énergétique, d’un point de vue développement durable et financier. Une solution serait de mettre en place une installation industrielle permettant par l’intermédiaire d’un échangeur de chaleur de réchauffer l’air froid entrant avec l’air chaud sortant. Il est schématisé ci-dessous. L’air intérieur est aspiré en bout de salle et l’air extérieur est injecté en entrée de salle, afin de s’assurer d'un balayage de l’air le plus complet possible dans toute la pièce pour le renouvellement. L’air chaud intérieur est acheminé vers un échangeur de chaleur où il va céder sa chaleur à l’air frais aspiré en extérieur. On va donc injecter de l’air qui aura récupéré la chaleur de l’air éjecté et possiblement vicié, ce qui permet de ne pas dépenser d'énergie (ou beaucoup moins) pour réchauffer l'air extérieur entrant.

Remontée ? Pas remontée ?

Ce type de dispositif pourrait être mis en place via des incitations financières de l’Etat, qui récupèrerait une partie de la mise plus tard, car un air non vicié améliorerait de toutes façons la santé des français, que ce soit concernant le COVID ou toutes les autres maladies contagieuses qui s’attrapent l’hiver. Il y aurait donc des économies sur la sécurité sociale, l’amélioration de la présence au travail, etc…

C’est une solution imaginée parmi d’autres, mais dans les semaines à venir, il faudra prendre des décisions assez vite, pour s’assurer que nous pourrons aborder les saisons fraîches en préservant la santé de tous, en ne surchargeant pas les soignants qui ont beaucoup donné, et en donnant le plus de chances possibles aux commerces de continuer leur activité, eux qui ont payé un lourd tribut à cette crise et qui ne pourraient le supporter une deuxième fois…

 

 

Mise à jour du 04/09/2020

La première version de l’article, datant du 29/08/2020 avec les données disponibles au 24/08/2020, fait état des éléments suivants :

  • Le nombre d’entrées en hospitalisation en moyenne glissante sur 7 jours est passé d’un plus bas de 73 le 11/07/2020 à 155 le 21/08/2020
  • Le nombre d’entrées en réanimation en moyenne glissante sur 7 jours est passé d’un plus bas de 9 le 11/07/2020 à 26 le 21/08/2020
  • Le nombre de décès quotidien à l'hôpital en moyenne glissante sur 7 jours est passé d’un plus bas de 8 le 07/08/2020 à 14 le 21/08/2020

Ces chiffres ont évolué, toujours calculés en moyenne glissante sur 7 jours avec les chiffres disponibles au 03/09/2020. Ils atteignent actuellement les valeurs suivantes :

  • 225 entrées en hospitalisation en moyenne glissante sur 7 jours au 31/08/2020
  • 39 entrées en réanimation en moyenne glissante sur 7 jours au 31/08/2020
  • 18 décès quotidiens à l'hôpital en moyenne glissante sur 7 jours au 31/08/2020

Les indicateurs se dégradent donc. Comme évoqué précédemment, les nombres bruts n’indiquent rien sur la dynamique de l’épidémie, et il faut reconstituer le taux de reproduction pour savoir si le virus est plus ou moins contagieux.

Un bon moyen de saisir rapidement si le virus a une virulence de contamination élevée est de regarder l’évolution des indicateurs avec une échelle logarithmique sur l’axe des ordonnées, au lieu d’une échelle linéaire. Une échelle logarithmique « transforme les produits en somme », ce qui veut dire que lorsqu’un regarde un chiffre dix fois plus haut, on « monte toujours de la même hauteur sur l’axe des ordonnées ». Il y a un même écart entre 100 et 1 000 qu’entre 1 000  et 10 000.

D’aucun pourraient croire que c’est un artefact pour gonfler artificiellement le nombre de cas, mais ce n’est nullement le but. Pour voir le nombre de cas, il suffit de regarder le chiffre à gauche sur l’axe des ordonnées. Pour voir par contre le taux de reproduction du virus, il suffit de regarder la pente de la courbe. En effet, si d’une semaine à l’autre on multiplie le nombre de cas par 1,2, étant donné que l’échelle logarithmique transforme les produits en somme, le « saut vers le haut » sera le même qu’on passe de 100 à 120 nouveaux cas que si on passe de 1 000 à 1 200 nouveaux cas.

Plus la pente est élevée donc, et plus le taux de reproduction est élevé, et plus il est important de bien maintenir les mesures barrière pour rabaisser ce taux. Et ceci est vrai où qu'on soit sur la courbe.

Autre gros avantage de cette échelle : les petits nombres sont plus visibles, donc on peut mettre sur un même graphe les trois indicateurs principaux (nombre d’entrées en hospitalisation, nombre d’entrées en réanimation, nombre de décès quotidien). C’est l’approche que je retiendrai pour actualiser l’état des lieux chaque semaine, si possible vendredi sur les chiffres de jeudi.

Voici donc la courbe d’évolution.

Remontée ? Pas remontée ?

On voit bien que l’épidémie reprend et ne semble pas pour l’instant vouloir repartir vers le bas.

Autre point : le calcul du taux de reproduction. Par rapport au premier article, je vais le tracer « en continu », c’est-à-dire au jour le jour au lieu de faire de semaine en semaine. Pour cela, je ferai le quotient entre deux nombres :

  • Le nombre de cas le jour même + les trois jours avant + les trois jours après
  • Le nombre de cas 7 jours avant + le nombre de cas les trois jours précédant ce jour + le nombre de cas les trois jours après ce jour

Ainsi on peut voir le taux de reproduction dans son évolution complète, en regardant le coefficient multiplicateur entre la semaine précédente et la semaine en cours.

Etant donné que cela donnait une évolution assez fluctuante, j’applique une moyenne glissante sur 5 jours (plus besoin de vous expliquer, maintenant vous savez tout sur les moyennes glissantes…).

Voici ce que ça donne avec les données du 03/09/2020.

Remontée ? Pas remontée ?

On constate que le taux de reproduction se maintient autour de 1,2 ces dernières semaines.

L’évolution ne va pas dans le bon sens. Ces chiffres représentent une photographie de ce qui s’est passé il y a environ deux semaines. Espérons que nous nous sommes ressaisis et que l’on pourra le ressentir dans 15 jours. En attendant gardez à l’esprit les gestes barrière !

 

 

 

Mise à jour du 11/09/2020

Voici l'état des mieux de l'épidémie, toujours avec des moyennes glissantes au 08/09/2020, grâce aux données mises à jour le 11/09/2020 :

  • 337 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020)
  • 56 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 11/07/2020)
  • 24 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020)

Les chiffres se dégradent donc encore. On peut voir sur le graphe en diagramme logarithmique la remontée qui se poursuit, avec d'ailleurs une pente qui a une tendance à augmenter.

Remontée ? Pas remontée ?

Ça se traduit par un taux de reproduction qui grimpe aussi.

Remontée ? Pas remontée ?

Pour pouvoir mieux voir, on lisse encore (sur 17 jours, c'est plus visible mais du coup on perd l'information des derniers jours, par contre on voit très bien la hausse ininterrompue du R depuis mi-juin).

Remontée ? Pas remontée ?

Nous sommes au-delà de 1,3, voire même de 1,4, alors que nous étions à environ 1,2 fin août. Pour saisir ce que cela veut dire, un peu de maths :

  • Pour rappel, un taux maintenu à 1,2 pendant trois mois, c'est une multiplication des nouveaux cas par 11
  • Un taux de 1,3 pendant trois mois, c'est une multiplication par 30
  • Un taux de 1,4 pendant trois mois, c'est une multiplication par 79

Bref, on peut vouloir se fermer les yeux longtemps comme ça, mais les faits sont là : les chiffres se dégradent, et surtout la tendance est à l'augmentation de la contagiosité du virus. Perronne, Toubiana et Toussaint auront beau clamer très fort avec conviction que l'épidémie est terminée, les chiffres ne mentent pas.

Un petit rappel pour terminer : les autres vagues existent bel et bien, contrairement à ce que certains veulent nous faire croire. La grippe espagnole a même connu trois vagues distinctes.

 

Remontée ? Pas remontée ?

Mieux : c'est une chose que l'on constate actuellement. En effet, au Pérou, il y a déjà eu deux vagues, et le Japon est en train de connaître la fin de sa deuxième.

Remontée ? Pas remontée ?

Si on en vient même à nier des choses qui ont pu être constatées par le passé et que l'on constate aujourd'hui, on ne va pas s'en sortir...

 

 

Mise à jour du 18/09/2020

NB : par rapport à la première mise à jour, une information d’importance est tombée : parmi les 123 morts communiqués le 18/09/2020, 76 faisaient partie d’un rattrapage lié à un hôpital de l’Essonne. Ces morts ont été recensés a posteriori depuis mi-juillet. Pour pouvoir reconstituer une courbe plus fidèle à la réalité, j’ai « étalé » ces morts au prorata des morts enregistrés depuis mi-juillet. Conséquence importante : au lieu de 45 décès quotidiens en moyenne glissante le 15/09/2020, on en obtient 36, ce qui est moins, mais qui montre malgré tout toujours une montée de cet indicateur.

Voici l'état des lieux de l'épidémie, toujours avec des moyennes glissantes au 15/09/2020 :

  • 518 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020)
  • 82 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 11/07/2020)
  • 36 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020)

Les chiffres continuent à se dégrader nettement. Du côté des gourous des plateaux télé, Toubiana et Toussaint continuent à professer que tout va bien et que c’est une épidémie sans malades.

Pourtant, la remontée se poursuit sur le graphe en diagramme logarithmique.

Remontée ? Pas remontée ?

Voici le taux de reproduction :

Remontée ? Pas remontée ?

Et le taux de reproduction lissé :

Remontée ? Pas remontée ?

Pour mieux voir les indicateurs, j’introduis une nouvelle courbe, donc le principe est assez simple.

Je prends les trois indicateurs qui comptent (en moyenne glissante pour lisser les fluctuations bien évidemment) :

  • Entrées en hospitalisation
  • Entrées en réanimation
  • Décès quotidiens

Pour chaque indicateur je calcule le ratio « valeur le jour J / valeur lors du point bas ».

Pour rappel, le point bas des entrées en hospitalisation et des entrées en réanimation (en moyenne glissante) a été atteint le 11/07/2020 avec respectivement 73 et 9 cas.

Le point bas des décès quotidiens a été atteint le 07/08/2020 avec 8 cas.

Du coup, ce graphe permet de voir à partir de ces points bas l'évolution relative, et de quelle manière ça monte.

Remontée ? Pas remontée ?

Conclusion :

  • Ça a monté de manière quasiment continue depuis les points bas respectifs
  • La multiplication des cas quotidiens atteint un facteur 4.3, 7.1 et 8.9 pour respectivement les décès, les entrées en hospitalisation et les entrées en réanimation
  • Ça monte avec une « gueule d'exponentielle »

Cette épidémie est très intéressante d’un point de vue scientifique, mais elle restera un objet étonnant d’un point de vue sociologique, avec des professeurs censément expérimentés capables de dire que tout va bien lorsque les indicateurs les plus importants sont multipliés par des facteurs allant de 4,3 à 8,9…

 

 

Mise à jour du 25/09/2020

Voici l'état des mieux de l'épidémie, toujours avec des moyennes glissantes au 22/09/2020 :

  • 581 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020)
  • 107 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 11/07/2020)
  • 44 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020)

Les chiffres montent encore. Par contre, on croit percevoir un début de stagnation au niveau des entrées en hospitalisation, ainsi qu’au niveau des décès quotidiens. Par contre les entrées en réanimation continuent leur montée. Voici la visualisation sur le diagramme logarithmique.

Remontée ? Pas remontée ?

Le taux de reproduction semble aussi marquer le pas et initier une décrue, ce qui serait une très bonne nouvelle.

Remontée ? Pas remontée ?

On le voit encore mieux sur le taux de reproduction lissé.

Remontée ? Pas remontée ?

Sur la courbe représentant les données relatives (valeur le jour J / valeur lors du point bas), on peut également bien percevoir ce plateau qui semble s’initier sur les hospitalisations et sur les décès.

Remontée ? Pas remontée ?

La multiplication des cas quotidiens atteint un facteur 5.3, 8.0 et 11.7 pour respectivement les décès, les entrées en hospitalisation et les entrées en réanimation. Les chiffres se sont donc tout de même dégradés.

Pour quelle raison voit-on cette décrue ? Difficile à dire. Premièrement, on constate une disjonction entre les entrées en hospitalisation et les entrées en réanimation, alors que les deux indicateurs suivaient jusqu’ici la même dynamique. Plus étonnant encore, le palier des décès (ce qui constitue une excellente nouvelle d’ailleurs), mais qui n’est peut-être que provisoire. On peut constater qu’il y a eu un petit palier au niveau des entrées en réanimation début septembre, mais que ça a repris derrière. Vu le décalage entre entrées en réanimation et décès que l’on constate d’habitude, on pourrait ne constater qu’un même phénomène d’évolution avec un déphasage temporel.

Pour rappel, l’écart entre entrée en réanimation et décès était d’environ 5 jours en début d’épidémie, il semble s’être étendu à 3-4 semaines par la suite. En début d’épidémie, on ne savait pas bien traiter les malades graves, et ils mourraient « assez vite ». Par la suite, grâce à la montée en gamme de traitement préventifs tels que les anti-coagulants, on a réussi à sauver plus de monde, et ceux qui malheureusement décèdent ont un « répit » plus long.

Nous en saurons plus d’ici quelques jours concernant les décès.

Concernant le palier des hospitalisations, par contre, il se pourrait que ce soit l’initiation d’une réelle accalmie. En effet, il est intéressant de regarder le Point Epidémiologique Hebdomadaire de Santé Publique France du 24/09/2020, en page 22, à propos du taux de reproduction.

https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/documents/bulletin-national/covid-19-point-epidemiologique-du-24-septembre-2020

Remontée ? Pas remontée ?

On constate sur le taux SI-DEP (calculé à partir des données virologiques, donc en gros les tests, soit l’indicateur à la fois le plus imparfait car il dépend de la politique de ciblage, mais le plus « immédiat » quant à la dynamique de l’épidémie) que le R aurait entamé une décrue depuis près d’un mois. L’écart avec le R constaté avec les données hospitalières (OSCOUR pour les urgences et SIVIC pour les entrées hospitalières) est assez important : environ 3-4 semaines, alors qu’il est d’habitude d’environ 15 jours. On retrouve les limites des données virologiques, qui comme expliqué plus haut sont à la fois l’indicateur le plus immédiat mais le moins précis, car on ne peut pas tester l’ensemble de la population, ce qui amène à des ciblages et donc des biais. Il est possible que la baisse de la transmission se soit d’abord traduite dans les transmissions « inter-jeunes » (donc les asymptomatiques) et que malgré tout, de retour auprès de leurs familles avant la rentrée, ils n’aient transmis le virus auprès de parents ou grands parents déjà plus susceptibles de se retrouver dans des formes plus graves, d’où le décalage. Difficile à dire pour l’instant et je ne vais pas tenter d’apporter une explication hasardeuse, je donne juste des pistes de réflexion.

Si néanmoins cette baisse du R était bien réelle et qu’elle commençait à se traduire dans les données hospitalières, ce serait une excellente nouvelle et le signe qu’on commence à reprendre une maîtrise sur le taux de reproduction, qui est en hausse quasi constante depuis juin. Soyons très prudent car en juillet le R avait semblé marquer le pas, mais était reparti par la suite.

Pause passagère ? Réel endiguement du taux de reproduction ? On va en savoir plus dans la semaine à venir. Dans tous les cas, ce n’est pas le moment de relâcher les gestes barrière, ne jouons pas à l’élève qui commence à avoir des bonnes notes après s’être mis à travailler et qui du coup relâche ses efforts !

 

 

Mise à jour du 02/10/2020

Bonne nouvelle, il semble que les indicateurs semblent s’améliorer. Voici les chiffres, toujours avec des moyennes glissantes, au 29/09/2020 :

  • 580 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020), contre 581 une semaine avant le 22/09/2020
  • 119 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 12/07/2020), contre 107 une semaine avant le 22/09/2020
  • 55 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020), contre 44 une semaine avant le 22/09/2020

Les chiffres des entrées en hospitalisation montrent une réelle stagnation. La tendance qui apparaissait la semaine dernière s’est confirmée. Par contre, les réanimations ont également continué à augmenter, mais un peu moins vite que précédemment (on va le voir par la suite). Les décès ont quant à eux repris leur hausse. Le semblant de stagnation que l’on semblait percevoir la semaine dernière était donc une fluctuation. Voici la visualisation sur le diagramme logarithmique.

Remontée ? Pas remontée ?

Le taux de reproduction continue à décroitre, et ça c’est l’excellente nouvelle du jour, car c’est là le cœur du problème.

Remontée ? Pas remontée ?

On le voit très bien sur le même graphe lissé.

Remontée ? Pas remontée ?

Ce dernier graphe est très instructif. On voit que le point culminant du taux de reproduction se situait à 1,43-1,46 entre le 09/09/2020 et le 12/09/2020. Les entrées en hospitalisation et les entrées en réanimation suivent les infections deux semaines après, donc cela veut dire que la baisse a été initiée entre le 26/08/2020 et le 29/08/2020, soit… lorsqu’il y a eu un tour de vis dans la plupart des grandes villes avec notamment le port du masque obligatoire partout, y compris en extérieur.

Je n’ai jamais estimé que le port du masque en extérieur partout était efficace (tous les spécialistes, de quelque « bord » que ce soit, sont d’accord là-dessus), je ne vais donc surtout pas faire un revirement purement circonstancié. Néanmoins, il est intéressant de constater ce qui a suivi cette décision, au moins en région parisienne où je vis. Auparavant, nombre de personnes sortaient sans masque, et une fois devant la boutique, se rendaient compte qu’ils l’avaient oublié, et faisaient le forcing pour rentrer quand même. Pareil dans les transports, où on pouvait s’amuser à compter le nombre de personnes non masquées dans des rames pleines. Depuis cette obligation, dès qu’on oublie son masque, on voit tout le monde masqué dehors, et on remonte chercher son masque. Résultat, il n’y a quasiment plus aucun cas de personne non masquée dans les lieux clos. C’est triste à dire, mais il fallu demander trop pour avoir le minimum nécessaire.

Est-ce lié à ces décisions ? Peut-être, en attendant on peut constater que ça n’a pas fait de mal…

Voici la courbe représentant les données relatives (valeur le jour J / valeur lors du point bas) maintenant, où on voit le plateau sur les entrées en hospitalisation.

Remontée ? Pas remontée ?

La multiplication des cas quotidiens atteint un facteur 6.5, 8.0 et 13.5 pour respectivement les décès, les entrées en hospitalisation et les entrées en réanimation.

A quoi s’attendre pour la suite ? Espérons que cette baisse continuera, car n’oublions pas que le but n’est pas que le R baisse, mais qu’il soit en dessous de 1. Nous sommes sur la bonne voie, donc surtout ce n’est pas le moment de relâcher les mesures barrière. Et oui, c’est emmerdant, mais jusqu’au vaccin, il va falloir vivre avec…

Petit aparté sur des indicateurs jamais montrés auparavant : le nombre de personnes en hospitalisation et en réanimation. Car c’est bien cela qu’il faut éviter : saturer les hôpitaux, et surtout les services de réa.

Où en sommes-nous ? Précisément ici :

Remontée ? Pas remontée ?

Après un plus haut de 31 971 personnes en hospitalisation le 14/04/2020 et de 6 987 personnes réanimation le 08/04/2020, les hôpitaux s’étaient vidés de leurs patients COVID jusqu’à des points bas de 4 512 personnes en hospitalisation de 29/08/2020 et de 344 personnes en réanimation le 01/08/2020. Depuis, les chiffres ont remonté quasiment sans discontinuer, jusqu’à atteindre aujourd’hui (02/10/2020) 6 697 personnes en hospitalisation et 1 264 personnes en réanimation.

Le nombre de places en réanimation est de 5 500 places, avec la possibilité de monter à 12 000 places suite à ce qui s’est passé en mars-avril. On pourrait du coup se dire qu’on en fait trop et qu’on a de quoi voir venir, sauf qu’il ne faut pas oublier une chose : il n’y a pas que les malades du COVID en France, et les services hospitaliers s’occupent de beaucoup de pathologies tout au long de l’année. Les services hospitaliers étaient déjà débordés les années d’avant, et les malades non-COVID n’ont pas disparu comme par enchantement. 23% des places usuelles en réanimation occupées par une seule pathologie, c’est beaucoup.

Autre souci : nous entrons dans les saisons froides, où les pathologies sont plus nombreuses, et ce qui pousse à la hausse les fréquentations hospitalières. Il ne faut donc surtout pas aborder les trois saisons fraîches à venir avec trop de patients COVID.

N’oublions pas que les services hospitaliers, ce ne sont pas que des chiffres. Ce sont des gens, des hommes et des femmes qui ont eu dans les zones les plus tendues des journées exténuantes lors du pic du printemps dernier. On a l’air d’oublier qu’on applaudissait tous les soirs à nos fenêtres à 20h00…

 

 

Mise à jour du 09/10/2020

L’évolution des indicateurs donne une impression mitigée. Voici les chiffres en moyennes glissantes, au 06/10/2020 :

  • 691 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020), contre 580 une semaine avant le 29/09/2020
  • 132 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 12/07/2020), contre 119 une semaine avant le 29/09/2020
  • 62 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020), contre 55 une semaine avant le 29/09/2020

Les chiffres des entrées en hospitalisation sont repartis à la hausse alors qu’ils avaient stagné la semaine d’avant. Les réanimations et les décès ont quant à eux continué leur progression. On le voit sur le diagramme logarithmique.

Remontée ? Pas remontée ?

Le taux de reproduction est reparti à la hausse concernant sa reconstitution sur les entrées en hospitalisation, et il a poursuivi sa baisse concernant sa reconstitution sur les entrées en réanimation.

Remontée ? Pas remontée ?

Sur le même graphe lissé, les deux courbes (calculées sur les entrées en hospitalisation et les entrées en réa) sont toujours assez proches et confirment que la baisse avait été initiée autour du 10-12 septembre (donc deux semaines avant concernant les infections). On perd néanmoins l’évolution des derniers jours à cause du lissage.

Remontée ? Pas remontée ?

Voici la courbe représentant les données relatives (valeur le jour J / valeur lors du point bas) maintenant, où on voit la remontée après le plateau sur les entrées en hospitalisation.

Remontée ? Pas remontée ?

La multiplication des cas quotidiens atteint un facteur 7.4, 9.5 et 14.9 pour respectivement les décès, les entrées en hospitalisation et les entrées en réanimation.

Que peut-on dire ? Il semble que les courbes d’entrées en hospitalisation et d’entrées en réanimations sont en train de chercher péniblement leur plateau. Le R effectif avait atteint la valeur 1 le 26/09/2020, soit il y a deux semaines, mais depuis il est reparti à la hausse. La stabilisation n’est donc pas acquise. Il ne va pas falloir relâcher nos efforts.

Remontée ? Pas remontée ?

Car les chiffres des personnes en hospitalisation et des personnes en réanimation, qui évoluent aussi avec un déphasage dans le temps avec les données des entrées (il faut « le temps que ceux rentrés avant sortent »), continuent leur montée.

Remontée ? Pas remontée ?

Le chiffre le plus tendu est celui des personnes en réanimation, qui est au 09/10/2020 à 1 431. Sachant que le nombre de places en réanimation est de 5 500, cela veut dire que 26% des lits de réanimation sont occupés par des patients COVID. Depuis la crise de mars-avril, il y a la possibilité de grimper à 12 000 lits en transformant certains lits, mais les patients en réanimation sont plus compliqués à gérer que les autres, et le personnel n’est pas forcément compétent et formé pour. Et n’oublions pas non plus : il n’y a pas que des patients COVID en France, donc toutes ces places prises ne sont pas disponibles pour les autres…

 

 

Mise à jour du 16/10/2020

L’impression mitigée de la semaine précédente s’est malheureusement transformée dans le mauvais sens, c’est-à-dire une dégradation importante des indicateurs. Voici les chiffres en moyennes glissantes, au 13/10/2020 :

  • 987 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020), contre 691 une semaine avant le 06/10/2020
  • 172 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 12/07/2020), contre 132 une semaine avant le 06/10/2020
  • 85 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020), contre 62 une semaine avant le 06/10/2020

Les chiffres des entrées en hospitalisation ont continué leur remontée, comme s’ils rattrapaient la pause qu’ils semblaient entamer il y a deux semaines. Les réanimations ont progressé à une vitesse assez importante, ainsi que les décès. Voir les évolutions sur le diagramme logarithmique pour s’en convaincre.

Remontée ? Pas remontée ?

Le taux de reproduction continue sa hausse concernant sa reconstitution sur les entrées en hospitalisation, et il a malheureusement fini par réaugmenter concernant sa reconstitution sur les entrées en réanimation.

Remontée ? Pas remontée ?

Sur le graphe lissé, on voit que les deux courbes (reconstituées à partir des entrées en hospitalisation et sur les entrées en réanimation) ont commencé à freiner leur descente autour du 1er octobre et initier une remontée (donc la remontée du taux de reproduction a commencé vers mi septembre, deux semaines avant). Tout ceci ne constitue pas de bonnes nouvelles…

Remontée ? Pas remontée ?

On voit la nette dégradation de cette semaine sur la courbe représentant les données relatives (valeur le jour J / valeur lors du point bas).

Remontée ? Pas remontée ?

La multiplication des cas quotidiens par rapport aux plus bas atteint un facteur 10.1, 13.5 et 19.4 pour respectivement les décès, les entrées en hospitalisation et les entrées en réanimation.

Cette dégradation un peu inattendue par rapport à ce qui semblait se dessiner ces dernières semaines a de quoi surprendre. Une explication avancée est une contamination massive entre jeunes lors de soirées de rentrées ou de soirées privées, lesquels jeunes seraient ensuite allé voir quelques temps après leurs parents et grands-parents (populations plus à risque) par la suite. Comme on n’a pas installé de caméra GoPro sur chaque citoyen, cette hypothèse est invérifiable, mais les tests semblaient donner dernièrement une forte prévalence du virus chez les populations jeunes, ce qui semblerait aller dans ce sens.

Malheureusement, cette montée incessante a pour conséquence une dégradation des indicateurs de présence en hôpital et en réanimation.

Remontée ? Pas remontée ?

Il y a maintenant au 16/10/2020 10 021 personnes hospitalisées pour cause de COVID, et 1 791 personnes en réanimation, soit 1 791 / 5 500 = 33% des places de réanimation normalement allouées (pour rappel, il y a possibilité de monter à 12 000 places, mais le personnel compétent derrière n’a pas pu être formé en 6 mois… Et encore pour rappel, des opération décalées en mars avril ne peuvent plus être décalées maintenant pour faire place nette à ces nouveaux arrivants...).

Et malgré ça, on a quand même eu droit à du Toussaint et Toubiana nous martelant que les indicateurs n’étaient pas préoccupants, Toubiana allant même jusqu’à dire que les hospitalisations baissaient (………….). Que dire face à tant de déni ? Et que dire face à des gens qui ne feront pas des journées épuisantes pour rattraper le coup d’un relâchement auquel ils auront largement contribué par leur discours ? Il est quand même bien pratique de pouvoir parler ainsi sans avoir à assumer les conséquences derrière, en clamant un discours qui va dans le sens de ce qu’une partie importante de la population a envie d’entendre après des mois d’efforts, d’impositions et de privations… Ces gens là sont des adultes plus que cinquantenaires, qui devraient avoir la sagesse et la maturité de reconnaître qu’ils se sont trompés et qu’ils ont amené des gens vers la mauvaise voie. Au lieu de ça, par une fierté mal placée et de peu de circonstance vue la situation critique, ils continuent à clamer une vérité qui n’existe que dans leur tête et dont les conséquences néfastes ne les toucheront que très peu. Au moment où on perquisitionne certains ministres ou ex-ministres pour leurs agissements devant la crise, il faudra se poser la question du procès moral de ces gens là…

 

 

Mise à jour du 23/10/2020

Les indicateurs se sont grandement dégradés, malheureusement. Voici les chiffres en moyennes glissantes, au 20/10/2020 :

  • 1 576 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020), contre 987 une semaine avant le 13/10/2020
  • 245 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 12/07/2020), contre 172 une semaine avant le 13/10/2020
  • 143 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020), contre 85 une semaine avant le 13/10/2020

Tout remonte, et assez vite. On le voit sur le graphe en données logarithmiques.

Remontée ? Pas remontée ?

Le taux de reproduction est grandement remonté, perdant la baisse vers une valeur de 1 que l’on constatait fin septembre / début octobre.

Remontée ? Pas remontée ?

On le voit aussi sur le graphe lissé.

Remontée ? Pas remontée ?

Cette dégradation se voit encore plus sur la courbe représentant les données relatives (valeur le jour J / valeur lors du point bas).

Remontée ? Pas remontée ?

La multiplication des cas quotidiens atteint un facteur 17.0, 21.6 et 27.6 pour respectivement les décès, les entrées en hospitalisation et les entrées en réanimation.

Nouveau graphe que j’introduis dans cette mise à jour, et qui est très parlant : le graphe des données relatives par rapport au plus hauts. Je considère les moyennes glissantes des entrées en hospitalisation, des entrés en réanimation et des décès. Puis je divise la valeur du jour par la valeur maximale atteinte. Le plus haut pour la valeur en moyenne glissante des entrées en hospitalisation a été atteint le 31/03/2020 avec 3 578. Le plus haut pour la valeur en moyenne glissante des entrées en réanimation a été atteint le 31/03/2020 avec 691. Le plus haut pour la valeur en moyenne glissante décès quotidiens en hôpital a été atteint le 05/04/2020 avec 532.

Remontée ? Pas remontée ?

On peut voir que les entrées en hospitalisation ont atteint 41% de leur valeur maximale atteinte lors du pic, que les entrées en réanimation ont atteint 34% de leur valeur maximale, et les décès quotidiens en hôpital 25%. Et surtout, ça continue à monter clairement, donc ce n’est pas fini. Il faut être complètement aveugle pour oser dire qu’il n’y a pas de seconde vague…

Il semble que l’effet saisonnier joue à plein. La période d’automne-hiver-printemps va être longue, il faut nous y préparer.

Sans suspense, les indicateurs de présence en hôpital et en réanimation se sont également nettement dégradés.

Remontée ? Pas remontée ?

Il y a maintenant au 23/10/2020 14 985 personnes hospitalisées pour cause de COVID, et 2 432 personnes en réanimation, soit 2 432 / 5 500 = 44% des places de réanimation normalement allouées (pour rappel, il y a possibilité de monter à 12 000 places, mais le personnel compétent derrière n’a pas pu être formé en 6 mois).

Motif d’espoir ? Lorsqu’on regarde le taux de reproduction obtenu à partir des données virologiques, celui-ci semble avoir entamé un reflux le 17 octobre 2020 (dernières reconstitutions disponibles), justement lorsque les mesures de couvre-feu ont été appliquées. On pourra voir un éventuel impact sur les données hospitalières deux semaines après les mesures, donc dans une semaine.

Remontée ? Pas remontée ?

Croisons les doigts, et ne relâchons pas nos efforts. Toussaint, Toubiana et Perronne ont clairement eu tort, c’est maintenant impossible à nier, donc ne les écoutons plus et soyons responsables.

 

 

Mise à jour du 30/10/2020

Les indicateurs se sont encore une fois beaucoup dégradés. Voici les chiffres en moyennes glissantes, au 27/10/2020 :

  • 2 323 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020), contre 1 576 une semaine avant le 20/10/2020
  • 343 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 12/07/2020), contre 245 une semaine avant le 20/10/2020
  • 222 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020), contre 143 une semaine avant le 20/10/2020

La remontée persiste et ne semble pas vouloir s’arrêter. On le voit sur le graphe en données logarithmiques.

Remontée ? Pas remontée ?

Le taux de reproduction semble lui par contre cesser sa montée, lui qui avait dépassé 1,6 pour la reconstitution sur les hospitalisations pour la première fois depuis mars. L’effet saisonnier semble vraiment là, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour l’évolution de l’épidémie jusqu’à juin prochain…

Remontée ? Pas remontée ?

Sur le graphe lissé, on voit la remontée qui a été initiée début octobre (donc mi-septembre pour les infections).

Remontée ? Pas remontée ?

On a dû changer d’échelle sur la courbe représentant les données relatives (valeur le jour J / valeur lors du point bas).

Remontée ? Pas remontée ?

La multiplication des cas quotidiens atteint un facteur 26.4, 31.9 et 37.7 pour respectivement les décès, les entrées en hospitalisation et les entrées en réanimation.

Le graphe des données relatives par rapport aux pics montre de manière indéniable que nous sommes en pleine seconde vague.

Remontée ? Pas remontée ?

On peut voir que les entrées en hospitalisation ont atteint 63% de leur valeur maximale atteinte lors du pic, que les entrées en réanimation ont atteint 47% de leur valeur maximale, et les décès quotidiens en hôpital 40%. Malgré tout, certains nient la seconde vague. Au point où on en est, ils seraient capables de nier encore si malheureusement les pics sont dépassés…

Sans surprise, les indicateurs de présence en hôpital et en réanimation se sont également nettement dégradés.

Remontée ? Pas remontée ?

Il y a maintenant au 30/10/2020 22 153 personnes hospitalisées pour cause de COVID, et 3 368 personnes en réanimation, soit 3 368 / 5 500 = 61% des places de réanimation normalement allouées (encore pour rappel comme chaque semaine, il y a possibilité de monter à 12 000 places, mais le personnel compétent derrière n’a pas pu être formé en 6 mois).

Les données virologiques n’apportent pas bonnes nouvelles, car le taux de reproduction a semblé saturer lorsque le couvre feu a été mis en place, mais il n’a pas baissé pour repasser sous 1, ce qui était le but recherché. On comprend pourquoi le confinement a été mis en place : c’est l’arme ultime qu’il a fallu dégainer car on était au bout de ce qu’on pouvait obtenir avec les autres mesures.

Remontée ? Pas remontée ?

Du coup, on a une vague idée de ce qui risque de se passer dans les deux prochaines semaines : étant donné que les entrées en réanimation et en hospitalisation sont décalées de deux semaines par rapport aux contaminations, et comme le R a saturé autour de 1.4, on risque avoir ~40% de plus d’entrées en hospitalisation / réanimation la semaine prochaine, puis 1.4 x 1.4 – 1 = 96% de plus la semaine d’après. On attendrait du coup autour de 2 323 x 1.4 ~ 3 250 entrées en hospitalisation mardi prochain en moyenne glissante sur 7 jours, et 2 323 x 1.96 ~ 4 550 entrées en hospitalisation le mardi d’après. On attendrait autour de 343 x 1.4 = 480 entrées en réanimation mardi prochain en moyenne glissante sur 7 jours, et 343 x 1.96 = 670 entrées en réanimation le mardi d’après. On attendrait donc 127% de la valeur du pic des entrées en hospitalisation de mars-avril et 96% de la valeur du pic des entrées en réanimation de mars-avril.

On comprend, même si ce n’est pas agréable à lire, pourquoi il a fallu confiner en urgence.

Par la suite, si l’effet du confinement est le même qu’en mars, on devrait retrouver les effets d’un R de ~0.7. Deux semaines après, on retrouverait donc un niveau d’entrées en hospitalisation quotidiennes de 4 550 x 0.7 x 0.7 ~ 2 230 et un niveau d’entrées en réanimation de 670 x 0.7 x 0.7 ~ 330. Soit peu ou prou le niveau actuel. Il est donc très probable que ce confinement dure bien plus que 4 semaines…

Une nouvelle fois, ces calculs faits rapidement en fin de cet article ne prétendent pas faire des prévisions exactes, mais de montrer les ordres de grandeurs qui sont en jeu ainsi que les raisons pour lesquelles ce nouveau confinement sera appelé à durer.

Désolé si je n’annonce pas de bonnes nouvelles cette semaine…

 

 

Mise à jour du 06/11/2020

Les indicateurs ont continué à se dégrader, mais on voit une embellie à l’horizon. Regardons tout d’abord les chiffres en moyennes glissantes, au 03/11/2020 :

  • 2 832 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020), contre 2 323 une semaine avant le 27/10/2020
  • 421 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 12/07/2020), contre 343 une semaine avant le 27/10/2020
  • 353 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020), contre 222 une semaine avant le 27/10/2020

La remontée a continué mais à un rythme qui semble freiner sur les entrées hospitalières. On le voit sur le graphe en données logarithmiques.

Remontée ? Pas remontée ?

Au niveau des décès, il faudra naturellement attendre encore 1 à 2 semaines pour voir un effet, du fait décalage entre entrée en réanimation et décès.

Pour rappel, je m’étais essayé à quelques prévisions la semaine dernière sur la base des taux de reproduction estimés par Santé Publique France et elles ont été un peu surévaluées (ce qui constitue une très bonne nouvelle), puisque j’estimais qu’on se retrouverai à 3 250 entrées quotidiennes en hospitalisation en moyenne glissante au 03/11/2020, 480 entrées quotidiennes en réanimation en moyenne glissante au 03/11/2020. Soit un écart de -9%. Nous sommes entrés dans la semaine qui est décalée de deux semaines par rapport au début du couvre-feu, nous en ressentons donc les effets, et de manière un peu plus forte que prévue sur les entrées hospitalières. On le voit sur le taux de reproduction qui continue de refluer.

Remontée ? Pas remontée ?

Pareil sur le graphe lissé.

Remontée ? Pas remontée ?

On aperçoit aussi ce freinage sur la courbe représentant les données relatives (valeur le jour J / valeur lors du point bas).

Remontée ? Pas remontée ?

La multiplication des cas quotidiens atteint un facteur 41.9, 38.8 et 47.6 pour respectivement les décès, les entrées en hospitalisation et les entrées en réanimation. Je vais peut-être abandonner ce graphe à partir de la semaine prochaine, car je l’avais représenté dès début septembre pour faire comprendre que la remontée était claire et qu’il fallait prendre des mesures pour lutter contre. Les choses sont tellement claires maintenant que ça ne sert plus à rien.

Le graphe des données relatives par rapport aux pics montre encore plus qu'avant que nous sommes en deuxième vague.

Remontée ? Pas remontée ?

Les entrées en hospitalisation ont atteint 77% de leur valeur maximale atteinte lors du pic, les entrées en réanimation ont atteint 61% de leur valeur maximale, et les décès quotidiens en hôpital 62%.

Les indicateurs de présence en hôpital et en réanimation continuent à se dégrader.

Remontée ? Pas remontée ?

Il y a maintenant au 06/11/2020 28 955 personnes hospitalisées pour cause de COVID, et 4 321 personnes en réanimation, soit 4 321 / 5 500 = 79% des places de réanimation normalement allouées (rappel comme chaque semaine : il y a possibilité de monter à 12 000 places, mais le personnel compétent derrière n’a pas pu être formé en 6 mois, désolé si je radote…).

Les données virologiques rapportées sur Santé Publique France indiquent une forte baisse du taux de reproduction, ce qui augure des jours meilleurs. Il faut toujours prendre cela avec des pincettes car on remarque que la reconstitution de ce taux de reproduction en direct est difficile (on ne peut pas connaître les infections avec la bonne précision spatio-temporelle, tout d’abord parce qu’on ne peut pas tester tout le monde, ensuite parce que lorsqu’une personne a été testée positive, on ne sait pas si elle a été infectée deux jours avant ou dix jours avant…).

Remontée ? Pas remontée ?

Il y a de bonnes raisons d’être optimiste. Le couvre eu a eu un meilleur effet qu’escompté, donc on peut espérer un effet franc du confinement, qui devrait faire baisser encore plus le taux de reproduction. On comprend a posteriori pourquoi le confinement a été décidé : le couvre-feu a eu un effet favorable, mais pas suffisant car il n’a pas permis de faire baisser le taux de reproduction sous 1, et c’est ça le but. Le confinement ayant commencé il y a une semaine, on espère voir le pic poindre son nez la semaine prochaine.

Courage…

 

 

Mise à jour du 13/11/2020

J’attendais depuis longtemps ce moment : annoncer qu’enfin les chiffres s’améliorent, et vraiment. Nous sommes au tout début d’une baisse, ne nous emballons pas, mais soyons soulagés qu’enfin elle arrive. Voici les chiffres en moyennes glissantes, au 10/11/2020 :

  • 2 559 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020), contre 2 832 une semaine avant le 03/11/2020
  • 412 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 12/07/2020), contre 421 une semaine avant le 03/11/2020
  • 402 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020), contre 353 une semaine avant le 03/11/2020

Les entrées en hospitalisation et les entrées en réanimation ont plafonné respectivement le 06/11/2020 à 2 866 et le 07/11/2020 à 442. On le voit sur le graphe en données logarithmiques.

Remontée ? Pas remontée ?

Il y a deux semaines, sur la base des taux de reproduction estimés par Santé Publique France, j’avais tablé sur 4 550 entrées quotidiennes en hospitalisation en moyenne glissante au 10/11/2020 et 670 entrées quotidiennes en réanimation en moyenne glissante au 10/11/2020. Je suis heureux de voir que j’ai fortement surévalué ce chiffre. Que s’est-il passé ? En fait le taux de reproduction reconstitué sur les entrées en hospitalisation et celui reconstitué sur les entrées en réanimation a été moins fort que celui estimé par Santé Publique France, l'effet du couvre feu a donc été meilleur qu'espéré. Et aussi, le pic a été atteint 10 jours après la mise en place du confinement, et pas 14 jours comme au premier pic. Rappelons-nous que le temps entre infection et réanimation est en moyenne de 12 jours.

https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/maladie-covid-19-nouveau-coronavirus

La durée de l'incubation est en moyenne de 5 jours, avec des extrêmes de 2 à 12 jours, et il s'écoule en moyenne une semaine entre l'apparition des premiers symptômes et l'admission à l'hôpital à la phase d'état de la maladie. La durée entre infection et entrée en hôpital oscille donc entre 9 jours et 19 jours. Nous sommes sur une durée constatée qui se situe donc dans cette plage. On voit la forte baisse du taux de reproduction, et surtout le fait qu'il atteint la valeur 1.

Remontée ? Pas remontée ?

Sur le graphe lissé, on constate la baisse mais en perdant l’information des derniers jours, donc en ne voyant pas que l’on repasse sous le seuil unitaire.

Remontée ? Pas remontée ?

Je montre pour la dernière fois la courbe représentant les données relatives (valeur le jour J / valeur lors du point bas).

Remontée ? Pas remontée ?

La multiplication des cas quotidiens atteint un facteur 47.8, 35.1 et 46.5 pour respectivement les décès, les entrées en hospitalisation et les entrées en réanimation. Au pic, on a atteint respectivement un facteur 39.3 pour les entrées en hospitalisation et un facteur 49.9 pour les entrées en réanimation.

J’espère que ce graphe aura été utile chaque semaine pour bien faire comprendre qu’en fait les choses se dégradaient depuis longtemps. Le graphe des données relatives par rapport aux pics montre bien également que nous sommes en train de vivre le pic de cette deuxième vague.

Remontée ? Pas remontée ?

Les entrées en hospitalisation ont atteint 72% de leur valeur maximale atteinte lors du pic, les entrées en réanimation ont atteint 60% de leur valeur maximale, et les décès quotidiens en hôpital 76%. Au pic, on a atteint une fraction de 80% pour les entrées en hospitalisation et de 64% pour les entrées en réanimation.

Bien évidemment, les décès vont atteindre leur pic plus tard, puisque il y a un temps entre entrée en réanimation/hospitalisation et décès (au premier pic, l’écart a été de 5 jours).

On peut voir que les entrées en réanimation ont un peu de mal à persister dans cette baisse, avec une petite remontée le dernier jour, il faudra donc rester vigilants.

Les indicateurs de présence en hôpital et en réanimation ont eux continué à se dégrader, car ils n’ont pas encore été « vidés » des fortes arrivées des jours précédents. Les chiffres ont baissé ce dernier jour, mais difficile de savoir si c’est conjoncturel ou si on peut déjà voir l’effet des entrées sur les présences hospitalières. Lors du premier pic, le delta temporel entre le pic des entrées en hospitalisation et le pic des hospitalisations a été de 14 jours, et le delta temporel entre le pic des entrées en réanimation et le pic des réanimations a été de 8 jours. Si cette baisse est représentative d’un vrai pic, cela voudrait dire que l’écart aurait été réduit à 6 jours pour le delta temporel entre le pic des entrées en hospitalisation et le pic des hospitalisations et de 5 jours pour le delta temporel entre le pic des entrées en réanimation et le pic des réanimations.

Remontée ? Pas remontée ?

Il y a maintenant au 13/11/2020 32 676 personnes hospitalisées pour cause de COVID, et 4 887 personnes en réanimation, soit / 5 500 = 89% des places de réanimation normalement allouées (rappel comme chaque semaine : il y a possibilité de monter à 12 000 places, mais le personnel compétent derrière n’a pas pu être formé en 6 mois…).

Le maximum aura donc été atteint la veille (sous réserve que ce soit bien le pic), le 12/11/2020, avec 32 683 personnes en hospitalisation et 4 899 personnes en réanimation

Enfin ! Nous y sommes arrivés !! Il a fallu le marteau pilon du confinement pour voir un effet baissier. Les effets collatéraux sont durs, voire très durs, et espérons que nous trouverons des modes de distanciation sociale plus cléments pour nos commerces. Une jauge de personnes au mètre carré avec lavage de mains obligatoire à l’entrée pourrait être une piste. En attendant, nous sommes tous acteurs, et nous pouvons apporter notre contribution en respectant strictement la distanciation et les mesures barrière, surtout lorsqu’elles n’ont aucun impact économiques sur nous. Porter un masque, se laver les mains, ne pas embrasser ses proches, ne pas leur serrer la main, réduire au maximum les interactions sociales, oui, c’est chiant, mais au moins nous n’avons dans la balance ni un risque de faillite de notre commerce ni un risque de journées interminables à l’hôpital pour rattraper le coup derrière…

 

 

Mise à jour du 20/11/2020

Les chiffres continuent à s’améliorer. Voici les chiffres en moyennes glissantes, au 17/11/2020 :

  • 2 140 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020), contre 2 559 une semaine avant le 10/11/2020
  • 326 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 12/07/2020), contre 412 une semaine avant le 10/11/2020
  • 408 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020), contre 402 une semaine avant le 10/11/2020

Les entrées hospitalières baissent nettement, les décès ont atteint un plateau, avec un décalage temporel comme on s’y attendait. On le voit sur le graphe en données logarithmiques.

Remontée ? Pas remontée ?

Le taux de reproduction continue à baisser, et semble vouloir se stabiliser autour de 0,8.

Remontée ? Pas remontée ?

Sur le graphe lissé, on constate toujours très bien la baisse.

Remontée ? Pas remontée ?

Le graphe des données relatives par rapport aux pics est toujours aussi parlant pour voir que le pic est passé.

Remontée ? Pas remontée ?

Les entrées en hospitalisation en sont à 60% de leur valeur maximale atteinte lors du pic, les entrées en réanimation à 47%, et les décès quotidiens en hôpital à 77%.

 Bonne nouvelle de la semaine : nous avons enfin atteint le pic des présences hospitalières.

Remontée ? Pas remontée ?

Le pic pour les deux indicateurs a été atteint le 16/11/2020, avec 33 466 personnes hospitalisation et 4 903 personnes en réanimation. Il y a au 20/11/2020 31 875 personnes hospitalisées pour cause de COVID, et 4 566 personnes en réanimation, soit 4 566 / 5 500 = 83% des places de réanimation normalement allouées.

Les chiffres baissent, et ils baissent bien, ce qui constitue une excellente nouvelle. Ne relâchons pas nos efforts car nous sommes sur la bonne voie !

 

 

Mise à jour du 27/11/2020

Les chiffres continuent à bien s’améliorer. Voici les chiffres en moyennes glissantes, au 24/11/2020 :

  • 1 456 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020), contre 2 140 une semaine avant le 17/11/2020
  • 223 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 12/07/2020), contre 326 une semaine avant le 17/11/2020
  • 367 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020), contre 408 une semaine avant le 17/11/2020

Les entrées hospitalières continuent à nettement baisser, les décès ont bel et bien entamé leur décrue, mais de manière plus hésitante. Voir le graphe en données logarithmiques.

Remontée ? Pas remontée ?

Le taux de reproduction continue à baisser, et sont même en train de passer en dessous de 0,7, ce qui est une indication d’une très bonne dynamique de baisse. 0,7, ça correspond à une division par deux des indicateurs de flux toutes les deux semaines.

Remontée ? Pas remontée ?

Voir aussi sur le graphe lissé.

Remontée ? Pas remontée ?

Le graphe des données relatives par rapport aux pics montre toujours une baisse importante et une vague descendante.

Remontée ? Pas remontée ?

Les entrées en hospitalisation en sont à 41% de leur valeur maximale atteinte lors du pic, les entrées en réanimation à 32%, et les décès quotidiens en hôpital à 69%.

 Les présences hospitalières continuent à baisser.

Remontée ? Pas remontée ?

Il y a au 27/11/2020 28 620 personnes hospitalisées pour cause de COVID, et 3 871 personnes en réanimation, soit 3 871 / 5 500 = 70% des places de réanimation normalement allouées.

Cela fait plaisir de donner des bonnes nouvelles deux semaines de suite !

 

 

Mise à jour du 04/12/2020

Les chiffres continuent à s’améliorer. Voici les chiffres en moyennes glissantes, au 01/12/2020 :

  • 1 223 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020), contre 1 456 une semaine avant le 24/11/2020
  • 166 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 12/07/2020), contre 223 une semaine avant le 24/11/2020
  • 301 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020), contre 367 une semaine avant le 24/11/2020

Les entrées hospitalières continuent à baisser, et les décès continuent aussi à baisser, même s’il semble que cette baisse soit moins franche que pour les deux autres indicateurs. Les entrées en hospitalisation ont l’air néanmoins de baisser un peu moins fortement depuis le 25/11/2020 environ. On le voit bien sur le graphe en données logarithmiques.

Remontée ? Pas remontée ?

Le taux de reproduction semble se stabiliser autour de 0,7, soit le taux de reproduction autour duquel s’était opérée la stabilisation lors du premier confinement.

Remontée ? Pas remontée ?

Voir aussi sur le graphe lissé.

Remontée ? Pas remontée ?

Le graphe des données relatives par rapport aux pics montre toujours une baisse.

Remontée ? Pas remontée ?

Les entrées en hospitalisation en sont à 34% de leur valeur maximale atteinte lors du pic, les entrées en réanimation à 24%, et les décès quotidiens en hôpital à 57%.

Les présences hospitalières continuent à baisser.

Remontée ? Pas remontée ?

Il y a au 04/12/2020 26 283 personnes hospitalisées pour cause de COVID, et 3 283 personnes en réanimation, soit 3 283 / 5 500 = 60% des places de réanimation normalement allouées.

Espérons que la réouverture des commerces n’aura pas d’impact haussier important (on devrait voir l’effet s’il y en a d’ici ~3-4 jours, mais avec la seule réouverture des établissements où le port du masque est obligatoire + les mesures de jauge à 8 personnes par m2, cela devrait aller.

 

 

Mise à jour du 11/12/2020

Ça stagne !!! Voici les chiffres en moyennes glissantes, au 08/12/2020 :

  • 1 231 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020), contre 1 223 une semaine avant le 01/11/2020
  • 169 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 12/07/2020), contre 166 une semaine avant le 01/11/2020
  • 288 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020), contre 301 une semaine avant le 01/11/2020

Si les décès continuent aussi à baisser, les entrées hospitalières sont sur un plateau depuis une semaine. On le voit bien sur le graphe en données logarithmiques.

Remontée ? Pas remontée ?

Le taux de reproduction remonte vers 1.

Remontée ? Pas remontée ?

Voici le graphe lissé.

Remontée ? Pas remontée ?

Le graphe des données relatives par rapport au pic montre également ce plateau.

Remontée ? Pas remontée ?

Les entrées en hospitalisation en sont à 34% de leur valeur maximale atteinte lors du pic, les entrées en réanimation à 24%, et les décès quotidiens en hôpital à 55%.

Les présences hospitalières ont continué à baisser, profitant des baisses en entrées des jours précédents.

Remontée ? Pas remontée ?

Il y a au 11/12/2020 24 943 personnes hospitalisées pour cause de COVID, et 2 874 personnes en réanimation, 2 874 / 5 500 = 52% des places de réanimation normalement allouées.

Pourquoi ce plateau ? Difficile à dire, mais il est possible que l’aspect saisonnier joue à plein avec la baisse des températures qui a continué fin novembre. Les gestes barrière ont peut-être aussi été relâchés avec l’amélioration importante des chiffres.

 

 

Mise à jour du 18/12/2020

La stagnation persiste. Voici les chiffres en moyennes glissantes, au 15/12/2020 :

  • 1 281 entrées quotidiennes en hospitalisation (par rapport à un plus bas de 73 le 11/07/2020), contre 1 231 une semaine avant le 08/11/2020
  • 169 entrées quotidiennes en réanimation (par rapport à un plus bas de 9 le 12/07/2020), contre 169 une semaine avant le 08/11/2020
  • 265 décès quotidiens en hôpital (par rapport à un plus bas de 8 le 07/08/2020), contre 288 une semaine avant le 08/11/2020

Les décès continuent leur lente décrue, les entrées en hospitalisation sont reparties légèrement à la hausse, tandis que les entrées en réanimation continuent leur plateau constaté la semaine précédente. Voir le graphe en données logarithmiques.

Remontée ? Pas remontée ?

Le taux de reproduction s’est stabilisé légèrement au-dessus de 1.

Remontée ? Pas remontée ?

Le graphe lissé.

Remontée ? Pas remontée ?

Le graphe des données relatives par rapport au pic montre également ce plateau. Les entrées en hospitalisation en sont à 36% de leur valeur maximale atteinte lors du premier pic, les entrées en réanimation à 24%, et les décès quotidiens en hôpital à 50%.

Remontée ? Pas remontée ?

Les présences hospitalières ont amorcé une stabilisation. Le nombre de personnes en hospitalisation est sensiblement le même qu’une semaine avant, alors que le nombre de personnes en réanimation ont légèrement décru.

Remontée ? Pas remontée ?

Il y a au 18/12/2020 24 945 personnes hospitalisées pour cause de COVID, et 2 764 personnes en réanimation, 2 764 / 5 500 = 50% des places de réanimation normalement allouées.

Au final, la réouverture des commerces n’a pas abouti à une remontée ingérable. Le couvre-feu, qui a eu un effet meilleur qu’escompté en octobre, et qui a été réactivé le 15/12/2020, participera peut être à la continuation de cette stabilisation. Restons prudents.

 

La suite des mises à jour via le lien ci-dessous :

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