Vendredi 18 avril 2008 5 18 /04 /Avr /2008 14:14

Je me suis rendu à l'Exposition consacrée à Marie-Antoinette la semaine dernière.
C'était pour moi un rêve que de pouvoir approcher tous les objets que cette Reine à côtoyer sa vie durant ; une façon concrète de pouvoir presque aborder la Reine elle-même à travers ce qu'elle nous a laissé...

Que d'émotion face à tout cela !

L'exposition est réellement magique (si l'on fait abstraction de la foule qui se presse dans les salles parfois étroites...), vraiment très bien construite et bien documentée. C'est un réel plaisir de voir l'investissement des muséographes et des commissaires d'exposition qui donne à cette manifestation beaucoup d'attrait.

L'exposition en elle-même s'organise  en trois volets, permettant ainsi non seulement de retracer chronologiquement l'histoire des Arts de la seconde moitié du XVIIIème siècle, mais également la vie entière de la souveraine à travers les arts eux-mêmes.
            Ainsi, le premier volet nous offre la vision de l'enfance de Marie-Antoinette. Née en 1755 à Schoënbrunn à Vienne, fille de l'Impératrice Marie-Thérèse et de l'Empereur François II d'Autriche, la petite archiduchesse, dernière des seize enfants du couple impérial, grandit dans un univers raffiné où se côtoient les goûts classiques "à la Française" de l'Empereur, et les rêveries orientales de l'Impératrice qui collectionnaient les laques de Chine. C'est dans ces toutes premières salles que nous découvrons le visage encore enfantin, adolescent de la future Reine qui n'avait pas du tout été préparée au rôle auquel elle fut destinée... Les murs tapissés de tissus rouges soulignent majestueusement les pièces impériales prêtées pour l'exposition.
Puis nous passons à une autre partie, dans un décor bleu (ce même bleu très à la mode au XVIIIème siècle et qui plaisait tant à Marie-Antoinette), nous découvrons le visage d'une adolescente promue Dauphine de France par son mariage avec le Dauphin, petit-fils de Louis XV, afin de sceller la toute nouvelle alliance conclue entre l'Autriche et la France. Ces petites salles bleues nous font découvrir le goût propre de Marie-Antoinette qui découvre la France et ses arts, toujours à la dernière mode (puisqu'à cette époque, c'est la France qui influence toutes les modes) et qui se met à commander des meubles pour décorer ses appartements. Le plus fabuleux exemples n'est autres que son petit coffre à bijoux qui est une pure merveille !
             Le second volet de l'exposition se consacre à la période où le couple princier devient le nouveau couple royal suite au décès de Louis XV en 1774. Louis XVI a 20 ans et Marie-Antoinette 19 ans. Ils sont très jeunes, et peu préparés à leur nouvelles fonctions : le jeune Louis XVI n'a pas été préparé à être Roi car il était le cadet du fils de Louis XV, et Marie-Antoinette n'a pas l'étoffe nécessaire pour faire face à l'étiquette de Versailles. De plus, ils ont des problèmes à concevoir un héritier (grand sujet de débat qui se résume simplement à un problème psychologique de Louis XVI) et la nouvelle Reine n'est pas très appréciée de son peuple (l'Autriche avait été l'ennemi de la France depuis plus de 300 ans ! ). C'est pourquoi la Reine va se réfugier dans des frivolités qui vont lui permettre de pallier ses manques : toilettes et coiffures toujours plus extravagantes, dépenses somptuaires pour les bijoux et les meubles précieux, trop grandes largesses pour ses amies, notamment pour la duchesse de Polignac... C'est l'image commune que nous avons de Marie-Antoinette, et pourtant, la vérité est toute autre dans le sens où son goût pour les choses raffinées lui a permis de jouer le rôle , et ce, sans le savoir, de mécène, encourageant sans cesse à la création dans tous les domaines des Arts décoratifs. C'était une femme qui ne supportait pas la pression de l'étiquette et qui a peu à peu fuit dans son "petit Vienne", le petit Trianon, non pour s'adonner à la débauche comme l'imagerie révolutionnaire a voulu le faire croire, mais pour se débarrasser du carcant de la Cour strictement régie et codifiée par des principes mis en place par Louis XIV.
Cette partie d'exposition qui se développe sur un fond reproduisant le hameau de la Reine, (plus précisémment son belvédère) nous permet d'appréhender ce double aspect, car aux bijoux de l'ébénisterie se juxtaposent des pièces toujours aussi nobles, mais illustrant la volonté de la souveraine de mener une existence plus secrète, plus familiale, presque bourgeoise en un sens.
Mais toutes ses dépenses, toutes les rumeurs, encouragées tantôt par les frères du Roi, tantôt par le duc d'Orléans, ont fait que tous les maux du peuples, toutes leur colère se sont christallisés sur la Reine (auparavant, c'était la figure des favorites qui servait d'"écran" à la famille royale, mais Louis XVI n'ayant pas de maîtresses, c'est la Reine qui a endosser ce mauvais rôle). Folie dépensières comme on voulu le faire croire les révolutionnaires ?
Faux, puisque le budget de la Cour représentait 0,4 % du PIB de l'époque !! Pure manipulation d'une minorité voulant prendre le pouvoir. Le véritable problème était la guerre d'Indépendance d'Amérique qui coûtait très chère à la France, mais à cela s'ajoute aussi plusieurs années consécutives de mauvaises récoltes...
Mais la Révolution est en marche, et la fin de la Monarchie aussi...
               C'est à cette période troublée qu'est consacrée la dernière partie de l'exposition. Pour moi, c'est la partie la plus touchante, celle qui m'a le plus bouleversé et qui redonne à la Reine un visage humain. Beaucoup de compassion se dégage des derniers objets présentés, qui contrastent énormément avec le luxe exposé précédemment. La pièce est sombre pour rappeler la fin proche tant du Roi, que de la Reine et de la Monarchie. Nous sommes en pleine Révolution. La Monarchie Absolue devient Constitutionnelle, mais après la fuite à Varennes, elle est abrogée. Les heures les plus tristes commencent pour la famille royale. Prisonniers du Temple (vieux dojon lugubre), la famille est séparée : le Roi et le Dauphin au second étage ; la Reine, Madame Elisabeth et Madame Royale au premier. Le Roi sera jugé et est guillotiné le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution (actuelle place de la Concorde) et la Reine le sera quant à elle le 16 octobre 1793. C'est la fin d'une vie, la fin d'une époque. On ne laisse même pas à la Reine le droit de dire adieu à ses enfants. De la famille royale, seule Madame Royale survivra et apprendra en 1795 seulement le sort des siens.
L'exposition se termine sur des objets remplis d'une charge émotionnelle énorme. J'avoue avoir eu les larmes aux yeux en voyant une mèche de cheveux de Marie-Antoinette, la Reine martyre en un sens, tout comme le Roi, car victimes tous deux de la barbarie d'une poignée d'hommes qui des années durant ont sali la réputation et le caractère "sacré" de la famille Royale afin de mieux pouvoir se débarasser d'elle le moment propice.


Il s'agit vraiment d'une exposition extraordinaire qui permet de donner un visage nouveau à notre Reine méconnue, mais aussi de la réhabiliter avec brio. N'hésitez surtout pas à vous y rendre, ne vous attardez pas la longue file d'attente car le résultat est époustouflant à tout point de vue. Et surtout, n'oubliez pas qu'il s'agit de la seule exposition consacrée à Marie-Antoinette qui a lieu depuis 1955 ! Raison de plus pour ne pas la manquer.

Bonne visite à toutes et à tous !

Par Maximilien de Boucansaud
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Vendredi 18 avril 2008 5 18 /04 /Avr /2008 14:06

C'est avec un peu d'appréhension que je me lance dans l'écriture de ce blog. Il faut dire que l'aventure me tente depuis un moment, mais comme de nombreux bloggers, je me suis posé beaucoup de questions avant d'accepter de franchir le cap...
"Et si personne ne lisait mes articles ? " ; "Et si cela ne plaisait pas ? " ; "Et si j'avais l'air ridicule ? " ...
"Et si... Et si... Et si... " Beaucoup trop de questions pour pas grand chose !

Mon blog se veut être un lieu d'échange, un lieu de réflexion, un lieu de découverte aussi... Bref, un site pas comme les autres où tous sont bienvenus car c'est avec des échanges et du partage à mon sens que l'on se construit, que l'on apprend et que l'on s'ouvre au monde afin de ne pas rester bloquer sur ses idées sans avoir peser le pour et le contre...

Par conséquent, j'espère que chaque lecteur qui prendra le temps de lire les articles qui paraîtront, me laissera des commentaires et des suggestions quant à d'éventuel articles à venir ou thèmes à traiter.

Je suis peut-être un peu trop rêveur, mais voici la façon dont je conçois l'"aventure Blog" !

Par Maximilien de Boucansaud
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